La valeur "fraternité" mise en acte

Nous souhaitons nous engager dans la diffusion de toutes les initiatives qui permettent de vivre une valeur qui nous est chère : la fraternité. Et ce, à tous les niveaux : monde de l’entreprise, monde politique, éducation ...

 

Je souhaitais présenter l’association Fratern’aide qui a une action remarquable dans les écoles. Elle permet aux élèves de mûrir une réflexion sur le "vivre ensemble", d’experimenter une communication dans le respet des différences. Cette expérience marque les jeunes, qui deviendront les adultes de demain.

 

Pierre Benoît, enseignant à Sarcelles, a été confronté à une bagarre d’une grande violence entre des élèves de son lycée. Il a été conduit a entrer dans un dialogue d’apaisement avec eux et a eu l’idée de leur proposer un art de vivre ensemble en leur présentant « L’art d’aimer » développé par Chiara Lubich à plusieurs reprises. Il en a écrit une version adaptée a son public qui a également fait l’objet d’un jeu sous forme d’un dé qu’on lance au début de la journée ou de la semaine afin de vivre un des points et de se raconter comment chacun l’a vécu, à la fin de cette séquence. Cette version peut être adoptée par des publics variés pour réussir le « vivre ensemble ».

Avec les élèves, il a également créé l’association Fratern’Aide qui a été agréée par le Ministère de l’Éducation Nationale ainsi que le site http://www.fraternaide.fr/.

 

« JOUER LA VIE EN 6 POINTS »

 

1- JE CONSIDÈRE TOUT HOMME COMME UN FRÈRE  :

 

Je choisis l’universalité. Une fraternité pas seulement avec ceux qui ont ma couleur de peau, ma religion ou mes idées politiques mais aussi avec les autres. Universalité signifie sortir de ma bulle et regarder loin : élargir mon horizon. Le monde que je connais déjà me rassure, mais il peut rester petit, étroit. TOUT HOMME, TOUTE FEMME : je fais éclater les limites et les barrières.

 

2- JE POSE SUR L’AUTRE UN REGARD POSITIF :

 

Le regard que j’aimerais qu’il pose sur moi. J’ai envie de montrer et de donner le meilleur de ce que j’ai et de ce que je suis au prof ou à la personne qui me donne ma chance, qui a de la considération pour moi… Quand je donne moi aussi sa chance à l’autre, il peut m’offrir des surprises.

 

3- JE FAIS LE PREMIER PAS VERS L’AUTRE  :

 

Pas de fraternité sans prise de risque de ma part. Le pas que je fais vers l’autre peut être petit, mais c’est un acte : il construit la fraternité. La fraternité, c’est des actes voulus, pas des sentiments. Sinon, elle ne pourrait pas être universelle, car il est impossible que tout le monde me soit sympathique.

 

4- JE VAIS MÊME VERS MON ENNEMI :

 

C’est ici que je prends le plus grand risque. Mais ce n’est qu’en allant jusque-là que la fraternité ne reste pas au stade du sentiment ou de l’idée mais devient de la réalité. On sait que la haine, la violence, les représailles, entraînent plus de haine, de violence, de représailles... Le plus intelligent en fraternité est le premier qui arrête ce cercle. Il s’agit de l’intelligence du coeur.

 

5- JE COMPRENDS L’AUTRE :

 

Pensées, joies, peines… Comprendre signifie « prendre avec soi »  : entrer dans le coeur de l’autre pour comprendre ses sentiments, entrer dans sa tête pour comprendre ses pensées ou sa façon de penser. Bouddha dit une très belle phrase : « Comme une mère, au risque même de sa vie, surveille et protège son fils unique, ayons une âme tellement grande qu’elle puisse aimer le monde entier  ». Le monde de l’autre !

 

6- JUSQU’À CE QUE L’AUTRE AUSSI ME CONSIDÈRE COMME UN FRÈRE  :

 

Les 5 points qui précèdent ont pour seul et unique but de parvenir au résultat : la fraternité réalisée. C’est lorsque le JE est devenu NOUS. C’est un fait constaté : si on persévère à vivre ainsi, presque toujours, tôt ou tard, l’autre AUSSI finit par ne plus me considérer comme un ennemi, par poser sur moi un regard positif et par chercher à me comprendre… Le pas que, librement, l’autre fait vers moi lui aussi, le fait grandir en humanité et fait grandir NOTRE humanité : « Toi et moi nous sommes un. Je ne peux te blesser sans me blesser moi-même » dit Gandhi.

 

 

Adaptation de Pierre BENOIT, Président de l’association FRATERN’AIDE